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Presses enrubanneuses : comprendre les deux types et choisir le modèle adapté à votre exploitation

Agriculteur supervisant une presse enrubanneuse à chambre ronde en plein champ lors de la récolte du foin

Quand on presse de l’herbe à 50 % d’humidité un vendredi après-midi et que la pluie est annoncée le samedi matin, chaque heure entre le pressage et l’enrubannage compte. C’est précisément ce type de contrainte terrain qui oriente le choix entre une presse enrubanneuse combinée et un chantier décomposé avec enrubanneuse séparée. Comprendre ce qui distingue ces deux configurations permet d’éviter des pertes de fourrage et des surcoûts de main-d’œuvre.

Délai pressage-enrubannage : le critère que le cahier des charges oublie souvent

Sur un chantier classique, la presse forme les balles rondes, puis une enrubanneuse indépendante vient les filmer en bout de parcelle ou au hangar. Le problème survient quand le délai s’allonge. Une balle d’herbe humide laissée plusieurs heures sans film emprisonne de l’air, retarde la fermentation anaérobie et favorise le développement de moisissures.

Des retours d’expérience relayés en Nouvelle-Zélande (Beef + Lamb New Zealand) recommandent d’enrubanner dans les deux heures suivant le pressage, sans dépasser six heures. Ce seuil change la donne : si la parcelle est éloignée du poste fixe d’enrubannage ou si un seul chauffeur gère les deux machines, le risque de dépassement est réel.

Un combiné presse-enrubanneuse supprime ce délai. La balle passe directement de la chambre de pressage à la table d’enrubannage, ce qui garantit un film posé sur une balle encore dense et bien formée.

Comme le souligne Jean-Eudes Simon, importateur McHale chez Centradis, plus on attend, plus la balle se détend et emprisonne de l’air, ce qui dégrade la conservation. Pour mieux comprendre les deux types de presses enrubanneuses, il faut partir de cette contrainte temporelle avant de regarder les caractéristiques mécaniques.

Machine presse-enrubanneuse intégrée travaillant de façon autonome dans un champ de chaume agricole

Combiné presse-enrubanneuse ou chantier décomposé : arbitrer selon la taille du chantier

Le combiné mobilise un seul tracteur et un seul chauffeur pour deux opérations. C’est son argument principal quand la main-d’œuvre manque. Sur une exploitation d’élevage où le même opérateur fauche, presse et enrubanne, réduire le nombre de passages et de machines attelées fait gagner du temps et limite la compaction des sols.

Le chantier décomposé garde un avantage quand les volumes sont importants. Avec une presse dédiée qui avance à plein régime et une enrubanneuse à poste fixe alimentée par un tracteur-chargeur, le débit horaire global peut dépasser celui d’un combiné, à condition de disposer du personnel. On retrouve souvent cette organisation chez les entrepreneurs de travaux agricoles qui interviennent sur de grandes surfaces.

Chambre fixe ou chambre variable sur un combiné

Le choix de la chambre de pressage n’est pas anodin. Une chambre fixe produit des balles de diamètre constant, avec un noyau plus aéré. Une chambre variable adapte le diamètre et permet un noyau plus serré dès le départ, ce qui améliore la densité globale de la balle.

Pour l’enrubannage, une balle bien dense et régulière consomme moins de film par tonne de matière sèche. Les constructeurs comme Kuhn proposent des combinés dans les deux configurations (gammes à chambre fixe type FBP et à chambre variable type VBP). Le choix dépend du type de fourrage dominant sur l’exploitation : herbe humide, foin mi-sec ou paille.

Enrubanneuse à table tournante ou à satellites : impact sur le terrain et la vitesse

Une fois la balle formée, le module d’enrubannage applique le film étirable selon deux principes mécaniques distincts.

  • La table tournante fait tourner la balle sur un plateau pendant que le(s) bras distributeur(s) déposent le film. Ce système est compact et courant sur les combinés. La balle reste relativement stable, ce qui limite les déformations sur fourrage mou.
  • Les satellites (deux ou trois bras orbitaux) tournent autour de la balle immobile. Le filmage est plus rapide et le chevauchement plus régulier, mais le mécanisme est plus encombrant et plus lourd.
  • Le pré-étirage du film, réglable selon les constructeurs, conditionne la consommation de plastique et la tension appliquée. Un pré-étirage élevé réduit le nombre de couches nécessaires, mais exige un film de qualité constante pour éviter les ruptures.

Sur les enrubanneuses récentes, des capteurs détectent la fin ou la rupture du film et stoppent automatiquement la table. Le constructeur Göweil propose par exemple un système qui ralentit la rotation pour maintenir le chevauchement quand le film faiblit. Vérifier le comportement de la machine en cas de rupture de film lors d’une démonstration est un réflexe à adopter avant l’achat.

Gestion des plastiques agricoles : un coût et une contrainte réglementaire à intégrer

Le film d’enrubannage représente un poste de dépense récurrent et génère un volume de déchets plastiques non négligeable. En France, la collecte des plastiques agricoles usagés est organisée par des filières dédiées. Des structures comme Adivalor coordonnent la reprise des films, ficelles et filets sur des points de collecte locaux.

Au niveau européen, le règlement PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation) prévoit un durcissement progressif des exigences sur les emballages, y compris ceux utilisés en agriculture. Anticiper la hausse du coût des films plastiques pousse certaines exploitations à optimiser le pré-étirage ou à passer à des films plus fins mais plus résistants, ce qui demande une machine capable de gérer ces réglages avec précision.

Technicienne agricole inspectant les composants mécaniques d'une presse enrubanneuse dans un atelier de ferme

Le choix entre un combiné et un chantier décomposé ne se résume pas à comparer des fiches techniques. Il dépend du nombre de chauffeurs disponibles, de la distance entre parcelles et lieu de stockage, et du type de fourrage récolté.

Sur une exploitation herbagère de taille moyenne avec un seul opérateur, le combiné presse-enrubanneuse reste la solution la plus fiable pour respecter le délai critique entre pressage et filmage. Sur de gros volumes avec une équipe dédiée, le chantier séparé conserve un avantage de débit, à condition que l’enrubanneuse suive le rythme de la presse sans dépasser ce fameux seuil de quelques heures.

Presses enrubanneuses : comprendre les deux types et choisir le modèle adapté à votre exploitation